Quand le béton raconte l’histoire de l’Ouest
Le National Cowgirl Museum & Hall of Fame, situé au cœur du quartier culturel de Fort Worth au Texas, s’offre une transformation avec la création d’une extension. Conçue par l’agence d’architecture et de scénographie parisienne Projectiles, en association avec le cabinet américain Ewing Cole, cette extension redéfinit le fonctionnement du musée.

L’espace qui se trouvait auparavant à l’arrière du bâtiment devient la nouvelle entrée principale des visiteurs, créant une proue architecturale stratégique face à la célèbre Dickies Arena. Le nouveau bâtiment intègre également un accueil réinventé, une boutique, de nouveaux espaces d’exposition, ainsi qu’un petit parc attenant.
Une frise monumentale en bas-relief : 70 chevaux lancés au galop
Déployé en longueur, ce nouveau bâtiment se distingue par une enveloppe en béton préfabriqué. Sur toute sa périphérie, la structure est couronnée par une immense frise en bas-relief représentant la décomposition d’un cheval au galop.

Le modèle : chaque monture sculptée est modelée d’après la morphologie de l’American Quarter Horse. L’inspiration : pour concevoir cette œuvre cinétique, les architectes se sont directement inspirés des premières chronophotographies scientifiques, et plus particulièrement des travaux de 1872 du pionnier français Étienne-Jules Marey.

Le défi de la modélisation 3D : allier esthétique et contraintes industrielles
La transcription de la décomposition du mouvement en un bas-relief de béton a représenté un défi technique d’une grande complexité, articulé en plusieurs étapes de conception. L’atelier Projectiles a collaboré étroitement avec Eric Anton du studio ArtefactoryLab, spécialiste en images de synthèse.

Pour créer ce galop, le mouvement de l’animal a d’abord été filmé, puis vectorisé en trois dimensions. C’est grâce au logiciel de sculpture numérique ZBrush que la frise a pu être modélisée avec précision.
L’un des principaux défis de ce projet a été d’ordre logistique et constructif : minimiser le nombre de moules de coulage nécessaires tout en permettant une répétition subtile et invisible des panneaux de béton sur l’ensemble de la façade, malgré les strictes contraintes de construction.
Le travail de la matière : trouver l’équilibre du béton
Une fois la modélisation 3D validée, une série de prototypes à l’échelle 1 a été réalisée afin de définir la bonne granulométrie, la texture et la couleur exacte du béton.
L’enjeu pour les architectes était particulièrement pointu : il fallait obtenir un béton doté d’une certaine présence minérale et d’une matérialité expressive, tout en conservant un maximum de détails anatomiques du corps du cheval pour ne pas nuire à la fluidité et à la beauté du mouvement.

